Shumona Sinha

Shumona Sinha was born in Calcutta, India, where she received the prize for the best poet in the Bengal region in 1990 before moving to Paris in 2001 in her late twenties. She had been recruited by the French embassy to teach English at the middle-school level in France. After her arrival, she began to pursue literary studies at the Sorbonne. She obtained a post-masters degree in contemporary literature and coauthored several anthologies of French and Bengali poetry with the French essayist and poet Lionel Ray before she began publishing works of fiction. Her first novel, Fenêtre sur l’abîme (2008), contains a storyline that has much in common with Sinha’s own itinerary; the linear plot details a young Indian woman’s arrival in the City of Lights and her experiences as a student and then a Frenchman’s wife in a relationship that doesn’t end well. Her second novel, Assommons les pauvres! (2011), found inspiration in the eponymous title of a prose poem by Baudelaire to provide an informative take on the workings of Ofpra, the French Office for Protection of Refugees and Stateless People. Sinha’s depictions of her task as a translator were too close to the truth, apparently, and she was fired from Ofpra when this second novel appeared in print. The novel attracted a great deal of attention, not only for its political content but also for its literary qualities, and was awarded the Prix Valery-Larbaud. A third novel, Calcutta (2014), is an intimate familial and historical portrait set in the author’s native town. We met in the Café Rostand next to the Luxembourg Gardens for our interview.

Shumona Sinha est née à Calcutta, en Inde, où elle a reçu le prix du meilleur poète de la région bengalie en 1990 avant de partir pour Paris en 2001 où elle avait été recrutée par l’ambassade française afin d’enseigner l’anglais dans un collège. Après son arrivée, elle a décidée de poursuivre des cours de littérature à la Sorbonne. Elle y a obtenu un diplôme d’études approfondies (DEA) en lettres contemporaines. Elle a coécrit plusieurs anthologies de poésie française et bengalie avec le poète et essayiste Lionel Ray avant de commencer à composer des ouvrages de fiction en langue française. Son premier roman, Fenêtre sur l’abîme (2008), raconte une histoire qui a beaucoup à voir avec l’itinéraire personnel de l’auteure ; l’intrigue linéaire détaille l’arrivée d’une jeune femme indienne dans la Ville lumière, ses expériences en tant qu’étudiante et sa relation avec un homme français qui ne se termine pas bien. Son deuxième roman, Assommons les pauvres ! (2011), s’inspire du titre éponyme d’un poème en prose de Baudelaire afin de proposer un angle d’analyse du fonctionnement de l’Ofpra, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Son portrait de sa propre tâche en tant que traductrice pour cette organisation frôle un peu trop la vérité, apparemment, parce que Shumona Sinha a été licenciée de l’Ofpra suite à la parution du livre. Le texte a attiré beaucoup d’attention, non seulement pour son contenu politique, mais aussi pour ses qualités littéraires : il a reçu le Prix Valéry-Larbaud. Calcutta (2014), le troisième livre de Shumona Sinha, est un poignant portrait familial et historique dont le décor est la ville natale de l’auteure. Nous nous sommes rencontrées au Café Rostand, à côté du Jardin du Luxembourg, pour l’entretien.