Leïla Sebbar

Leïla Sebbar was born in Algeria to a French mother and an Algerian father, both of whom were schoolteachers. She has lived in France since she moved there as a university student in 1961 at the age of twenty. She began her academic work in Aix-en-Provence before heading to Paris two years later. Sebbar was a professor of literature in Paris and participated in women’s movements in the French capital in the 1970s, founding the journal Histoires d’Elles and contributing to Sorcières, as well as publishing scholarly studies like On tue les petites filles (1978). Her prolific oeuvre is marked not only by articles and critical essays such as these, but also by over a dozen novels, such as Shérazade, 17 ans, brune, frisée, les yeux verts (1982), that were among the first to depict Maghrebian immigrants and their offspring in France. Her corpus includes a number of short-story collections, an impressive list of travel journals, plays, and publications for younger readers. What distinguishes Sebbar’s body of work from that of many other writers is that she is eager to collaborate with other writers and artists. This is evident in publications such as the 1985 set of epistolary exchanges titled Lettres parisiennes, co-written with Nancy Huston, but it is most readily illustrated in a number of edited collections that have come to fruition thanks to her vision, from the 1993 Une enfance d’ailleurs to the 2012 Une enfance juive en Méditerranée musulmane. Her creative collaboration also includes a number of coauthored photo albums, including insightful analyses of postcards from colonial Algeria. I met with Leïla Sebbar in her apartment in the 13th arrondissement of Paris for our interview.

Leïla Sebbar est née en Algérie d’une mère française et d’un père algérien, tous deux instituteurs. Elle vit en France depuis 1961, date de son arrivée à Aix-en-Provence, à l’âge de 21 ans, en tant qu’étudiante à l’université. Elle est arrivée à Paris deux ans plus tard et c’est là qu’elle est devenue professeure de littérature et qu’elle notamment a participé aux mouvements de libération des femmes au cours des années 1970. Dans ce contexte, elle a contribué à fonder la revue Histoires d’Elles et composé des articles pour la revue Sorcières, tout en publiant des études scientifiques comme On tue les petites filles (1978). Son œuvre prolifique est marquée non seulement par des articles et des essais critiques, mais aussi par plus d’une douzaine de romans, tel Shérazade, 17 ans, brune, frisée, les yeux verts (1982), qui étaient parmi les premiers à représenter les immigrés maghrébins et leurs enfants en France. Son corpus inclut un nombre significatif de recueils de nouvelles ainsi qu’une liste impressionnante de journaux de voyage, de pièces de théâtre et de livres pour la jeunesse. Ce qui distingue le travail de Leïla Sebbar de celui de beaucoup d’autres écrivains, c’est son désir de publier des textes avec d’autres auteurs et artistes. Cette envie de collaborer est évidente dans des livres comme Lettres parisiennes, un ouvrage paru en 1985 qui contient des échanges épistolaires avec Nancy Huston, ainsi que dans de nombreux recueils qu’elle rédige, tels Une enfance d’ailleurs (1993) et Une enfance juive en Méditerranée musulmane (201). Leïla Sebbar a aussi collaboré à des publications d’albums de photos contenant des analyses de cartes postales de l’Algérie coloniale. Je me suis rendue chez elle dans le 13ème arrondissement de Paris pour notre entretien.