Julia Kristeva

Julia Kristeva was born in Bulgaria and moved to Paris in 1965 as a student in her mid-twenties. She quickly became involved in the intellectual scene upon her arrival in the French capital city, participating in the journal Tel Quel, founded by writer Philippe Sollers who later became her husband. She studied with Roland Barthes, among others, and established a reputation as a brilliant young scholar with expertise in a variety of disciplines. Her list of influential theoretical publications includes Sèméiôtikè. Recherches pour une sémanalyse (1969), La Révolution du langage poétique (1974), Polylogue (1977), Pouvoirs de l’horreur (1980), Histoires d’amour (1983), Soleil noir (1987), and Étrangers à nous-mêmes (1988), among others. Le Génie féminin: la vie, la folie, les mots is the title of a trilogy published between 1999 and 2002 that identifies the singularity of three remarkable women who exhibited genius in their various areas of creative work in the twentieth century: philosopher Hannah Arendt, psychoanalyst Melanie Klein, and writer Colette. It would be appropriate to describe Julia Kristeva with these three labels as well, since her essays combine philosophy and literary theory with her training in psychoanalysis, and she has published a handful of innovative works of fiction, ranging from the autobiographical Les Samouraïs (1990) to the voluminous hybrid text Thérèse, mon amour (2008). Kristeva is professor emerita of the University of Paris VII and holds the title of permanent visiting professor as well as honorary doctorates from a number of prestigious universities around the world. She has received multiple awards for her work, most notably the illustrious Holberg Prize in 2004 and the Hannah Arendt prize in 2006. We met in her office at the University of Paris VII at Jussieu in the Latin Quarter for our interview.

Julia Kristeva est née en Bulgarie et est venue à Paris en 1965 alors qu’elle avait une vingtaine d’années. Elle est rapidement devenue familière de la scène intellectuelle après son arrivée, étudiant avec Roland Barthes, parmi d’autres chercheurs, et participant au journal Tel Quel fondé par Philippe Sollers qu’elle a épousé plus tard. Sa réputation en tant que chercheuse brillante, s’est vite établie. Aujourd’hui la liste de ses publications théoriques influentes comprend Sèméiôtikè. Recherches pour une sémanalyse (1969), La Révolution du langage poétique (1974), Polylogue (1977), Pouvoirs de l’horreur (1980), Histoires d’amour (1983), Soleil noir (1987), et Étrangers à nous-mêmes (1988), parmi d’autres. Le Génie féminin: la vie, la folie, les mots est le titre d’une trilogie publiée entre 1999 et 2002 qui identifie la singularité de trois femmes remarquables du vingtième siècle qui exhibaient leur génie dans différents domaines : la philosophe Hannah Arendt, la psychanalyste Mélanie Klein et l’écrivaine Colette. Il serait possible de décrire Julia Kristeva avec ces trois étiquettes puisque ses essais combinent la philosophie et la critique littéraire ainsi que la psychanalyse, et qu’elle a publié une variété de textes innovateurs de fiction, tels Les Samouraïs (1990) et Thérèse, mon amour (2008). Elle est professeure émérite à Paris VII. Elle détient le titre de professeure invitée ainsi que des doctorats honorifiques d’universités prestigieuses du monde entier. Elle a reçu de nombreux prix pour son œuvre, notamment l’illustre prix Holberg en 2004 et le prix Hannah Arendt en 2006. Notre entretien a eu lieu dans son bureau à l’Université de Paris VII, à Jussieu, dans le quartier latin.